[CHRONIQUES] Best of 2014 des rédacteurs : Lamb

Best of 2014

Je dois me confesser. Je n’ai pas écouté et découvert autant de musique que je l’aurais voulu cette année. J’ai pas fait autant de trucs que j’aurais voulu. J’ai pas vu autant de gens que je l’aurais voulu.  2014, c’était pour moi l’année de la  paresse et du gros confort sale. Une année de déception pis de bad lucks. Mais tsé, ça fait partie de la game. Mes découvertes musicales et Vakarme en ont aussi écopé. Les temps changent, ça l’air. Vous allez le constater en comparant nos tops respectifs, il n’y a pas beaucoup de corrélation.

Ceci étant dit, 2014 a quand même été une autre très bonne cuvée, tant au niveau de la musique locale qu’internationale. Plusieurs groupes, qui avaient déjà de solides réputations, ont réussis à surpasser leurs limites, alors que d’autres sont arrivés de nulle part en nous balançant de vrais petits chefs-d’œuvre. Comme à l’habitude, faire ce top n’a pas été chose facile. Pour faire mon choix, j’ai pris les LP qui m’ont fait le plus vibrer, mais aussi ceux qui étaient les plus innovateurs, ceux qui ont surpassés les limites de ce que j’avais entendu jusqu’à présent. Voilà pourquoi on y retrouve un étrange mix d’albums expérimentaux qui dépassent les 90 minutes qui flirtent avec des petits 18 minutes de punk-rock bonbon. Ça représente bien mes goûts musicaux, mon année. Merci de nous lire. On va revenir plus fort, promis.

1- Swans – To Be kind

 

Encore une fois, Swans revient à la charge avec un album hors du commun. Avec To Be Kind, ils ont encore une fois réussi à se surpasser, en offrant quelque chose d’unique et de puissant mais plus facile d’écoute que jamais (attention, ça reste du Swans). Un album qui ne s’écoute pas en déjeunant ou dans ta ride quotidienne de métro, mais qui mérite une attention particulière pour bien comprendre toutes les subtilités que Micheal Gira et sa bande nous offrent. Un bon 120 minutes de mind fuck. Sérieux, à chaque fois que j’écoute ce disque, quelque chose de nouveau apparaît. Et que dire de leur prestation live….

2- Have A Nice Life – The Unatural World

 

Six ans se sont écoulés depuis la sortie du chef d’œuvre Deathconsciouness. Aussi deep et suicidaire que leur premier opus, voire même pire. Cette galette m’a étrangement permise de passer au travers de mes moments les plus difficiles de 2014. Un album très important pour moi cette année.

3- Earth – Primitive And Deadly

 

Dylan Carson et ses acolytes avaient une tâche ardue, soit celle de faire suite aux deux excellents albums concepts Angels Of Darkness, Demons Ligth I & II. Ils débarquent avec trois titres sur cinq contenant du chant, une première fois depuis 1996. Au début on sursaute, mais on se laisse vite enivrer par les mélodies du groupe de Seattle. Au bout du compte, ce LP est aussi magistral et envoûtant que n’importe quel autre album de Earth.

4- Sunn O))) & Ulver – Terrestials

 

Ceux qui me connaissent devaient s’en attendre. Sunn O))) qui s’accompagne des Norvégiens Ulver pour une session d’improvisation. Un album que tu te dois d’écouter une bonne vingtaine de fois, au minimum, pour en comprendre toute la complexité et la beauté. J’ai fait une expérience cet été. J’suis parti seul dans le bois en pleine nuit en écoutant cet album… Le résultat? Un étrange mélange entre la chair de poule et un sentiment de liberté incroyable. Sunn O))) sera toujours là pour me faire feeler weird et bien en même temps, c’est la raison d’existence même du groupe…

5- Mono – Rays Of Darkness & The Last Dawn

Quand la musique est aussi poignante et parlante que le chant devient accessoire, cela veut dire que tu es devenu un musicien accompli. Sublime. Rien d’autre à dire.

6- Iceage – Plowing Into The Field Of Love

Les jeunes danois on fait exactement ce à quoi on pouvait s’attendre: sortir des sentiers battus en offrant un album complètement différent de ce qu’ils avaient offert jusqu’à présent. Depuis leurs débuts, le groupe ne cesse d’être encensé par la critique et Plowing Into The Field Of Love est l’exemple parfait d’un groupe qui est capable de se surpasser en déstabilisant tout le monde avec un album aussi surprenant qu’excellent. Les puristes sont fâchés, mais c’est correct, sont fatigants anyway.

7- Merchandise – After The End

Un des groupes le plus éclectique que je connais. Ils ont eu beau faire leurs débuts sur le gigantesque 4AD, le groupe continue les petites tournées accompagnées de groupes qu’on ne penserait jamais voir jouer avec eux (Power Trip, par exemple). Un album très feeling mené par un lead guitar à la fois subtile et sublime. Un disque de toute occasion que même ton ami cynique risque de fredonner.

8-Sonic Avenues – Mistakes

 

Le groupe le plus sous-estimé de Montréal nous balance en pleine gueule leur plus grand accomplissement jusqu’à présent. Un disque simple, mais qui te reste collé aux oreilles pis qui s’écoute parfaitement en toute occasion. Difficile de ne pas avoir des chansons comme Automatic ou Teenage Brain pognées dans la tête et de taper du pied.

9-Fontarabie – Éponyme

 

Sorti de nulle part, le projet solo de Julien Mineau a de quoi surprendre. Un album que le roi du perfectionnisme a prit deux ans à concevoir. On a vraiment l’impression, en écoutant ce disque, que Mineau a réussi à canaliser toutes ses idées en un tout vraiment concis et surprenant. Pour avoir eu la chance de voir deux fois la formation Fontarabie en performance live accompagnée de son orchestre, je peux vous confirmer qu’il s’agit du meilleur disque francophone qui existe depuis des années.

10- The Great Sabatini – Dog Years

 

Les rois du sludge montréalais reviennent en force avec un album complètement différent de Matterhorn. Moins lourd, plus sale. On sent définitivement l’influence des Melvins, tout en gardant les éléments qui font du groupe ce qu’ils sont aujourd’hui. Un autre joyau oublié de la scène montréalaise qui mérite une écoute attentive. Ah, c’est aussi un des groupes à voir à Montréal pour comprendre le phénomène.

11- Melvins – Hold In It

Qui d’autre que les Melvins pour venir ajouter un peu de funkitude dans mes meilleurs albums de l’année. Cette fois-ci, Buzz Ozborne et sa bande sont accompagnés d’anciens membres des Butthole Surfers, sur un disque fidèle à la réputation du groupe. On passe d’une chanson sludge qui détruit tout sur son passage à un titre rose bonbon, suivi d’une séance d’impro de 7 minutes pas écoutable. Les Melvins restent un des groupes les plus importants des 20 dernières années et cet album en est la preuve vivante.

12-Sport – Bon Voyage

 

Un retour de nos amis français de Sport, qui avaient la lourde tâche de sortir un album après l’excellent Colors. Mission réussie les mecs ! Le genre d’album que je vais toujours être fier d’avoir contribué à sortir !

13-Wayfarer

 

Bon. Un autre pas vraiment objectif. Lorsque j’ai entendu ce disque, lorsqu’il venait d’être mixé, j’ai immédiatement compris qu’il devait sortir sur Housebreaker Records. Probablement l’album le plus complet qu’on a sorti jusqu’à présent. Un autre album avec beaucoup de feeling et de profondeur qui mérite de spinner sur ta platine une couple de fois pour comprendre à quel point il est d’une qualité incontestable (‘serais un bon vendeur de chars, hen ?).

14- Electric Wizard – Time To Die

J’avais décroché dans les dernières années, EW devenait dull. Avec ce disque, qui représente aussi le retour du batteur Mark Greening depuis Let Us Pray, Electric Wizard retombe dans mes bonnes grâces. Non seulement il s’agit de l’album le plus long du groupe, mais probablement aussi le plus dark et lourd depuis des lunes. Faut dire que les riffs de guitare à la Black Sabbath y sont sûrement pour quelque chose… Ça donne vraiment le goût de partir sur un tripe de drogue. Mais inquiète-toi pas maman, j’suis sage maintenant.

15- Oktoplut – Pansement

 

Un deuxième album franco dans mon top ?? On aura tout vu… Les gars ont tout simplement repoussés les limites de ce qui s’est fait au Québec en matière de musique indépendante jusqu’à maintenant. Un mélange habile entre des paroles françaises poignantes et réfléchies et un son lourd et travaillé qui rend Oktoplut aussi pertinent et nécessaire à la scène musicale québécoise.

16- Black Love – Self Titled

 

J’suis vraiment fière de mettre autant de groupe de Montréal dans un top avec de  »gros » groupe. Ça veut dire que la cuvée montréalaise de 2014 est un succès. Black Love c’est un mélange intelligent et efficace entre une voix ravageuse et directe et des instruments posées, dont trois guitares, qui ensemble, forment une harmonie chaotique qui frôle la perfection.

Mention très honorable :

Prevenge – Eye Contact, White Lung – Deep Fantasy, Joyce Manor – Never Hungover Again, Restoration – LP3, Steve Adamyk Band – Dial Tone, Thee Silver Mt. Zion Memorial Orchestra – Fuck Off Get Free We Pour Light on Everything, Alaskan – Despair, Erosion, Loss, Amanda X – Amnesia, Punch – They Don’t Have To Believe, Pink Floyd – The Endless River.

Les EP préférés du Lamb

Beach Slang – Cheap Thrills On A Dead End Street

Hashed Out – Self-Titled

Corridor – Un magicien En Toi

Doomsday Machine Records – Brinck Of Doom – 4x 7 inch

Beach Slang – Who Would Ever Want Anything Broken

Albatros – Sous-Entendu

Sleep – The Clarity

Thee Nodes / Naughty Girls – Split

Mammoth Grinder – Cosmic Crypt

Meilleurs documentaires :

  • Filmage – The Story Of ALL/Descendents
  • 20 000 Days On Earth – Nick Cave

Meilleurs shows :

  • Swans – Le National
  • Descendents – FEST 13
  • Lifetime – FEST 13
  • Melvins – FEST 13
  • Iceage, Lower, Merchandise – La Vitrola
  • The National & Daugther – Massey Hall
  • Godspeed You ! Black Emperor, Neurosis – X2 Métropolis

Meilleur livre :

  • Jean Christophe Réhel – Bleu sexe les gorilles

Meilleures bières :

  • Vache Folle – Impérial IPA
  • Trou Du Diable : Les trois surfeurs de l’Apocalypso
  • Pit Caribou – No. 13 Tennessee