[CHRONIQUES] Best of 2014 des rédacteurs : Raph

Best of 2014

Il est temps de mettre un trait sur 2014, une année qui m’a tout particulièrement sourie au plan personnel, notamment grâce à de mémorables expériences vécues avec mes meilleurs potes, ainsi que le fait d’avoir fait de nouvelles connaissances et d’avoir rencontré de nouveaux amis un peu partout à travers le Québec. On m’a également donné la chance de prêter ma plume pour ainsi contribuer sur le webzine de Vakarme, une opportunité qui a naturellement fait en sorte d’accroître ma passion pour les découvertes musicales. Malgré mon éloignement géographique, le fait de côtoyer des gens partageant cette même passion que moi pour la musique et les mêmes valeurs m’est extrêmement bénéfique et j’anticipe positivement l’an 2015, un peu à cause de ça. Allons-y avec ma liste d’albums préférés parus cette année.

Mes 10 albums préférés de 2014 :

10- Creepoid – Creepoid

 

Un surprenant album shoegaze, produit par une bande de punks philadelphiens. Après une première écoute, ça m’a immédiatement interpellé et fait penser à l’album de True Widow paru l’an dernier sur Relapse, qui m’avait beaucoup plu. J’apprécie particulièrement le fait que les onze chansons sur l’album arrivent à se démarquer et que, même si le groupe parsème l’album d’un large éventail d’influences, il sait garder une ligne directrice, un son bien à eux.

9- Cheatahs – Cheatahs

Personnellement, je trouve que cet album conjugue à merveille le son tintamarresque général de l’album Loveless de MBV avec le rythme entraînant d’un de mes albums préférés en Mezcal Head de Swervedriver. En gros, on ne réinvente rien, mais les arrangements de guitares méticuleusement opérés sur cet album ne peuvent laisser aucun mélomane du genre insensible. Un gros «plus» également aux mélodies et aux  arrangements vocaux lo-fi qui surprennent par leur caractère accrocheur.

8- Creative Adult – Psychic Mess

 

Il s’agit-là d’un captivant premier album post-punk pour cet étrange quintet californien, composé notamment de certains membres du défunt groupe Life Long Tragedy. Malgré un style de composition unidimensionnel, chacun des douze morceaux retrouvés sur Psychic Mess arrive à me séduire grâce à de judicieux choix d’effets joints aux instruments et, aussi, tout simplement par la qualité et le dynamisme du son en général.  À noter que l’album a été enregistré à Montréal, au mythique Hotel 2 Tango par Efrim Menuck de Godspeed You! Black Emperor, ce qui explique fort probablement, en partie, cette qualité.  Petite note comme ça, la ligne de basse qui ouvre la chanson Flash me donne des frissons à chaque écoute.

7- This Will Destroy You – Another Language

 

Cet album post-rock, à la fois sombre et merveilleux, se veut toute qu’une expérimentation sonore du début à la toute fin. On se laisse planer tout naturellement à travers un univers dévasté, texturé de milles effets, jusqu’à ce que tout explose en d’incompréhensibles moments de cacophonie et de distorsion, supportés par d’insondables percussions quand soudainement, tout replonge dans un calme profond; le cycle recommence. Une critique et un voyage à travers les diverses chansons composant l’album (en anglais) a d’ailleurs fait surface sur le site de Vakarme plus tôt cet automne. À découvrir absolument!

6- Cloud Nothing – Here And Nowhere Else

Sans contredit un chef d’œuvre musical. Lorsque j’ai besoin de ma dose d’énergie pour passer à travers une dure journée, c’est désormais cet album-là que je fais tourner. J’aime les sujets narrés par Dylan Baldi, puisqu’on peut aisément s’y reconnaitre, et j’adore la façon dont son orchestre livre la musique pour l’accompagner. Tout ce que je recherche d’un bon album punk est là: pas trop long, rapide, bruyant, psychédélique par moment, peu prévisible et noté par plusieurs changements de vitesse, question de tenir l’auditoire en haleine.

5- The Hotelier – Home, Like Noplace Is There

 

Avant cette année, je n’avais jamais vraiment porté attention à The Hotelier, aussi connu sous le nom de «The Hotel Year» . Ce n’est qu’au moment où mon collègue PM a mis en ligne une excellente critique de l’album Home, Like Noplace Is There, plus tôt en 2014, que j’ai commencé à m’intéresser au matériel du groupe. Puis, suite à une performance tout simplement magistrale au Pouzza 4 qui m’a littéralement jeté sur le cul, je suis immédiatement devenu un fan incontesté du groupe. Sur ce dernier album, la section rythmique, malgré son efficacité, cède toute la place à une performance vocale très émotive de Christian, qui maîtrise à la perfection l’art de faire vivre ses textes tourmentés à l’auditeur. Un album punk rock émotif accessible, qui a le potentiel de rejoindre un vaste publique.

4- Braid – No Coast

 

Voilà tout un retour sur les rails pour Braid! Pas moins que seize longues années se sont écoulées entre la parution de l’album culte Frames And Canvas et la sortie de No Coast, mais voilà que ce petit dernier se veut une suite, selon moi, parfaitement logique au dernier long jeu du groupe mais, surtout, beaucoup plus mature et mieux accomplie. Disons que mes attentes envers cet album étaient grandes, suite à la parution de leur dernier split avec Balance & Composure (on retrouve d’ailleurs les chansons du split sur l’album). On remarque assez rapidement que le groupe emprunte la formule rock efficace de Death Cab For Cutie, mais quand même… on accueille à bras ouverts cette influence qui s’entrelace à merveille avec la sonorité du groupe! Enfin, tous les musiciens se surpassent et livrent une performance plus qu’honnête, particulièrement le percussionniste qui, lui, saccade souvent le rythme de façon originale. Dorénavant mon album préféré de Braid.

3- Jet Black – In Paradox

 

Les quatre membres de la formation Jet Black ont mis le paquet sur In Paradox afin de produire un album rock alternatif indépendant d’une qualité inégalée, cette année, au Québec. En effet, le souci du détail fait partie intégrante de l’album, et l’intensité dégagée par chacun des membres du groupe et qui découle de leurs instruments est palpable à travers chacune des chansons. Le contenu de l’album sophomore du groupe se veut une suite tout à fait logique au premier album et ancre, pour de bon, l’identité du groupe. La subtile touche space rock donne un cachet captivant au mur de son généré par Jet Black, déjà fortement caractérisé par divers éléments du shoegaze des années 90. D’ailleurs, la chanson Smothering, qui représente en soi et à merveille l’idée générale de l’album, est probablement la chanson la plus intense parue cette année, tous genres confondus.

2- Merchandise – After The End

À travers After The End, on appréhende à bras ouverts la toute nouvelle vie de Merchandise. Sur ce chef d’œuvre audacieusement réalisé où absolument toutes les pistes se distinguent les unes des autres, fini (ou presque) les délires et longueurs psychédéliques et laissons place à une formule pop rock fortement puisée des années 80. Malgré des structures de chansons simplifiées et beaucoup moins cacophoniques que sur leurs albums précédents, la signature de Merchandise reste palpable dans le son d’ensemble; des mélodies de guitares infectieuses, des paroles classes chantées de manière tout-à-fait désemparée, le tout dans une atmosphère mélancolique. Enfin, si le rendu de l’album que j’attendais le plus cette année ne reflète pas du tout la formule que je souhaitais, il aura tout de même su me charmer et trouver refuge très haut sur ma liste d’albums préférés… haut dans le genre, deuxième position.

1- Nothing – Guilty Of Everything

 

Guilty Of Everything est de loin l’album que j’ai écouté le plus souvent cette année et qui m’a le plus plu. D’une simplicité et d’une lourdeur incroyable, ce bijou réalisé par Nothing, et produit par le prolifique producteur Jeff Zeigler (The War On Drugs, Kurt Vile), expose, selon moi, une union quasi parfaite entre le son atmosphérique du shoegaze et le son plus abrasif du punk/hardcore contemporain. Du début à la toute fin, on sombre littéralement à travers une marée de distorsion et  on se laisse chavirer par les paroles presque inaudibles, mais envoutantes, de Palermo et Setta. Tout simplement fascinant!

Mentions honorables :

Ty Segall – Manipulator, Greys – If Anything, Cold World – How The Gods Chill, Code Orange – I Am King, Mono – The Last Dawn/ Rays Of Darkness, Earth – Primitive And Deadly.

Mes 5 EPs préférés de 2014 :

1- Beach Slang – Cheap Thrills On A Dead End Street

 

2- Godflesh – The Decline And Fall

 

3- Beach Slang – Who Would Ever Want Anything So Broken

 

4- Supercrush – Lifted b/w Melt Into You (Drift Away)

 

5- Nai Harvest – Hold Open My Head