[CHRONIQUES] Retour sur le Heart Fest IX

ahhahah

Par Tristan et Zac

Encore une fois cette année, le Heart Fest a réussi à créer un trois jours intense d’énergie, de rencontres et de passion. Malgré les imprévues (annulation de plusieurs bands, perte de courant, vandalisme à la première venue), le HF crew a prouvé une fois de plus que le dévouement et le travail acharné portent ses fruits : CHAPEAU !

En gros, y faisait chaud en tabarnak ! Il fallait avoir prévu plus d’un t-shirt par jour pour ne pas se transformer en éponge humaine. Pour d’autres, c’était un bon prétexte pour acheter un gaminet de leur band favoris. Mais en plus de l’humidité ambiante, il y avait cette chaleur humaine. C’est cliché, mais sérieux, il faut le dire : le HF rassemble une belle crowd, diversifiée, qui crée une bonne ambiance et ce, malgré la présence de jambons inutilement violents dans le pit. Mais ne donnons pas trop d’attention à ceux qui en demandent toujours trop, car dans l’ensemble un climat de respect et d’inclusion était palpable.

De tous les HF auxquels on a assistés, cette année a su se démarquer du lot par la qualité des bands locaux qui étaient présents. Vraiment, y’avait de quoi être fier ! D’Ottawa au Saguenay, en passant par Québec, Montréal et bien sûr Gatineau, s/o à tous ceux et celles qui ont redoublé d’énergie pour supporter leur scène locale: R.E.S.P.E.C.T.

Laissez nous reprendre chacune des journées en proposant, d’un côté, un survol des bands francos/ontariens puis de l’autre, un retour sur les bands de nos voisins étasuniens.

Jour 1

La première journée a débuté avec un casse-croûte bien gras et un check-in assez sketch à l’hôtel. Pas de niaisage, on se dirige le plus vite possible à la nouvelle venue qui nous attendait : le sous-sol d’une église portugaise qui offrait un stage relativement haut, question de donner du fil à retordre à nos amis les festivaliers qui aiment faire des galipettes sur scène et stage diver !

D’emblée, c’est la formation montréalaise Lifespent qui a ouvert le bal avec une méchanceté de son qui n’a d’égal que le sweeteness des gars qui forment le band. Le nouveau EP Troubled time, fraîchement rendu public, prouve décidément que c’est un des bands les plus heavy du Québec. Spaz Out était ensuite de la partie pour fill in et la qualité du set était telle que personne ne s’est rendu compte qu’ils n’avaient pas jammé depuis plus d’un mois. Leur nouveau matériel n’annonce que du bon pour la formation gatinoise! Pour couronner le premier jour, Badlands ont livré un set parfait en guise de dernier show et Harriers ont fill in au plaisir de plusieurs, surtout avec leur cover de Who’s to blame de Leeway qui en a fait jouir plus d’un-e.

jour 1

On est déjà endolori, mais ce n’est pas des bands comme Cruel Hand et Harms way qui vont nous tenir tranquilles ! Cruel hand a offert une performance qui a largement rempli les attentes: en simple, beaucoup d’énergie. Impossible de ne pas bouger ou de ne pas branler la tête pendant leur prestation : un set varié avec des chansons d’un peu tous leurs albums. Bref, un bon set pour la formation du Maine avec leur attitude positive. Finalement, Harms way est venu clôturer la première journée. Esti que c’était heavy !  Avec leur dernier album Rust, on ne pouvait que s’attendre à une boucherie. Ils ont fini le tout avec Scrambled, le genre de track qui rend le monde complètement ignorant! Un bon set, sans bla bla, straight to the point.

De retour à l’hôtel, c’est le temps de prendre une petite boisson avec les camarades et d’entamer la transformation de nos minuscules chambres en auberge : fallait bien être solidaire et accueillir les tout croches qui n’ont pas prévu de place où dormir!

Jour 2
Au deuxième jour, prenons la peine de mentionner les trois prestations back à back de Wild Side, Triumph & Agony et Iron Golem. Propulsé par un cover bien lancé de Master of Puppets, Wild Side a encensé la foule avec leur party et leur esprit youthcrew. Vraiment rafraichissant, ce band est à découvrir, surtout pour ceux et celles qui sont un peu tanné de la dominance métallique qui marque la scène. S’est ensuite déchaîné Triumph & Agony et leur sXe enragé qui est rentré au poste comme un coup de poing au visage. Avec des membres de Spaz Out et du PRFO crew, T&A s’approprie bien le son New-Yorkais qui te fait serrer des dents sans même t’en rendre compte. Vient enfin Iron Golem. Ce band mérite sérieusement l’attention de tous les amateurs de métalcore avide de nouveauté. Avec leur enrobage un peu lugubre, Iron Golem a occupé chaque centimètre carré de la salle avec leur vocal de démon, leurs passes lourdes et puissantes enjambées de détails mélodiques bien placés. En les écoutant, tu sais juste pas quoi faire tellement t’es tirailler entre l’envie de danser, te péter la tête sur les murs ou swigner la noix sans penser au lendemain.

Surprise : Born Low a été rajouté comme ingrédient, comme s’il manquait déjà quelque chose sur la pizza toute garnie que nous offrait le HF. Pour compléter avec la brochette américaine du samedi, parlons brièvement des prestations d’Expire, Stigmata, Shai hulud, Give et Stone.

day2

Stone a été notre plus grande surprise de la journée. Formé du guitariste Zach Dear de Expire comme frontman, y’avait de quoi être décoiffé et se faire aller les pieds dans le pit. Le band du Wisconsin à seulement un demo de sortie et ils ont eu une très bonne réaction du public. Arrive ensuite Born Low, mais la réaction de la foule était plutôt tiède. Sans doute que la surprise de leur ajout n’en était pas une tellement on les a vues souvent…ou bien les gens gardaient leur énergie pour la pièce de résistance de la journée. Qu’importe,  S/o au chanteur qui a pris le temps de faire un retour sur la camarade qui a été gravement blessé l’an passé par un imbécile dans le pit : « NO BACKROOM MOSH! ». Embarque Shai Hulud, mais malheureusement, il n’y a pas beaucoup de kids dans la salle pour les écouter. Le chanteur avait l’air déçu, mais en a profité pour descendre du stage durant tout le set et donner l’occasion à quelques fins connaisseurs de chanter avec lui. Malgré l’effort bien senti, on ne note pas une grosse réaction pour un band métalcore aussi oldschool: très dommage. Mentionnons ensuite la prestation de Give, ce band de Washington avec un son assez particulier, genre grunge-hardcore-fuzz. Du beau boulot, ils ont implanté rapidement une vibe complètement différente, le genre de truc qui te donne envie de danser joyeusement autant que de te rouler dans/de l’herbe et regarder les nuages!  À Stigmata, la salle était pleine. L’engouement était palpable, définitivement un des band les plus attendu du weekend. Ils ont enfin réussi à passer les douanes et ont donc livré un premier show au Canada depuis 1997. Que dire du bon vieux troycore…! Les vieux de la vielle ont été ravis et le chanteur s’est pavané avec son allure de motard pas fiable. Dès la première chanson, le pit atteint un sommet d’agressivité, mais rien de surprenant, c’est fucking Stigmata ! « SAVE US ALL FROM OUR OWN HELL! ». Expire arrive après le déluge et on voit qu’ils sont bien en contrôle de leur business. Ils roulent depuis quelque temps et réussissent toujours à hyper les hardcore kids en deux temps trois mouvements. Super bon set, avec des chansons de leur tout dernier album Pretty Low, mais sans négliger leurs maintenant classique Pendulum Swings. Mais le meilleur moment pour nous est le moment ou LA track de leur démo s’est faite entendre,3:56, et l’intro trop epic : « SEARCHING FOR INSPIRATION ». Aussitôt, Zac était possédé et incontrôlable…au grand malheur de son pauvre dos!

Mais la journée de samedi ne pouvait être complète sans LE band le plus attendu du fest : No Warning. Clairement le set le plus agité et excitant de tout le fest, c’était mémorable ! Réellement un beau cadeau que le HF crew nous ont fait là : MERCI !  Le plafond coulait de condensation tellement c’était humide et le plancher était aussi glissant qu’une pelure de banane. On en a vue plusieurs sortir du pit en titubant ou les mains au visage! Mais quelle intensité : planche de surf dans le crown, drapeau canadien brandit, stage dive a profusion. « ILL BLOOD !!! ».

Jour 3

Au troisième jour, retour au centre communautaire dont on est habitué. Mais cette fois, pas de stage. Humanities ont ouvert avec leur toute première prestation. Leur punk mélodique revisitant une vibe à la Fugazi nous a vraiment surpris. Décidément un de nos favoris du fest. Ils sortent d’enregistrement et mettront leur bandcamp en ligne d’ici quelques mois, gardez ça à l’oeil ! Malgré la fatigue accumulée, Ordeal se sont glissé à la dernière minute et ont été à la hauteur de l’imprévue, et ce, en dépit du hangover, une main brisée et deux nuits à dormir par terre ou dans une voiture pour les frères Riopel. A aussitôt suivi la formation saguenéenne Kosovo. C’était du bonbon ! Ce band incarne en plein ce qu’on recherche dans un fest comme celui-ci : des chansons punchés et énergiques qui se glissent dans ta poitrine et tes pattes pour te faire danser sans foi ni loi. S/o à François Chamberland : un vrai bon vivant toujours prêt à faire le party et avoir une bonne discussion. Faut surveiller ce kid, sa contribution au HC québécois sera notable. Cheers, man ! On a ensuite eu le plaisir de s’exciter à Nuke qui a propulsé leur set avec un coup de gigantesque gong. Avec leur capacité maintenant largement reconnue à hyper le pit comme le calice, ils ont comblé les attentes. Enfin, Get the shot  a fermé le bal des bands locaux et ont montré qu’ils sont toujours aussi tights et efficace à soulever une bonne réponse du crown.

day3

Côté USA, on s’est surtout excité pour Malfunction, Cross me, Eternal sleep et Detain. On a bien aimé le EP de Detain, States of emergency, mais live ça se surpasse : une tonne de brique avec un style métalcore bien efficace, comme on l’aime! On a pas pu en profiter bien longtemps, notre pizza allait être froide! On a quand même réussi à attraper la fin du set de Eternal sleep, tout droit sortie de Pittsburgh. Le chanteur a une voix tellement puissante, ça en est quasiment impoli! Le band offre des riffs bien lourds qui te donnent envie de traverser la salle de long en large en faisant l’hélicoptère comme si ta vie en dépendait! Arrive ensuite Cross me qui en sont déjà a leurs deuxième HF. Un bon band du Midwest (encore!) qui offre un typique hardcore comme on l’aime : catchy, énergique, enragé. Les gars viennent de signer avec Bridge Nine, c’est pas du petit label, ça! Très prometteur comme groupe, ils ont fait danser tout le monde. Finalement, Malfunction! Le band vient aussi à leur tour de signer avec Bridge Nine et ils sortent tout juste du Life and death tour, pour ensuite repartir sur la route avec nul autre que Terror (à surveiller à Montréal le 3 décembre). Pas mal du tout pour ces gars de Buffalo qui affectionnent Buried alive. Ils nous ont livré une bonne prestation avec plusieurs nouvelles chansons qui sonnent vraiment plus 90s hardcore. On se demande comment le chanteur arrive à garder son souffle tellement il se fait aller les pattes. « UNITED AND STRONG!!! ». Malheureusement, on a décidé de quitter avant Homewecker, exténué de la fin de semaine.

***
Pour conclure, prenons le temps de souligner le travail des organisatrices et organisateur de l’evènement. Rester indépendant et conserver une éthique DIY, c’est exigent, ça demande un travail de longue haleine, de la patience et de la passion. Supporter ce genre d’évènement est un devoir pour ceux et celles qui ont à coeur le HC/punk. Et le support va plus loin que les s/o et l’achat de son billet. Supporter ce genre d’évènement, c’est surtout agir de façon respectueuse. En simple, ça signifie de prioriser notre communauté plutôt que de répondre à ses pulsions destructrices et son petit confort. Ça veut dire respecter ses camarades, le travail des organisateurs, la venue et consommer ce qui est vendu sur place. Et ce, même si la venue est une église…! Nous faisons référence aux actes de vandalisme perpétrer dans l’église et ses bureaux : des cancres de la pire espèce sont entrés par infraction et ont fait des dommages d’une valeur de centaines de dollars. Impossible de savoir si ces actes complètement épais ont été causés par des HFesters, reste que la venue est désormais perdue et le HF devront sans doute payer pour les dommages. SHAME à ceux qui sont responsables.

À ce sujet, ne maquez surtout pas un show bénéfice pour le HF, au Katacombes (Montréal), le 1 novembre prochain, avec LA ARMADA. https://www.facebook.com/events/878224375602739/

S/o au stand Dans le jus qui offrait de savoureux smoothies pour énergiser les kids entre les sets, ainsi que les bénévoles qui ont donné de leur temps et énergie pour faire de cette 9e édition un succès. Et merci à Chloé Brossard pour les excellents wraps vegans J.

On a beaucoup trop hâte au HF10 : que nous réserve le dixième anniversaire ? Pas game d’aller chercher des bands européens et d’Amérique du sud!

Merci à Kurt Cuffy pour les photos !