[CHRONIQUES] Best Of de Lamb

Encore une fois, nous avons eu droit à toute une cuvée en 2015. Plusieurs gros noms nous on offert des albums qu’on attendant depuis des lunes, alors que plusieurs groupes qui en sont encore à leurs débuts nous ont épatés. J’ai eu d’excellentes surprises, tant au niveau local qu’international, qui ont réussi à ce glisser parmi mes favoris. Voici donc mes choix de la dernière année.

Sunn O))) – Kannon 

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À première vue, Kannon est une drôle de bête. Évidemment, chaque album de Sunn O))) est une bibitte en soi. Mais sur leur premier album non collaboratif depuis 2009, Sunn nous surprend d’abord par sa durée  : un maigre 36 minutes. Toutefois, lorsqu’on prend le temps de l’apprivoiser, Kannon est un œuvre monumentale. Définitivement plus crues, les trois pièces vont droit au but sans aucun détour. Oui, c’est sombre et lugubre, mais pour une des premières fois depuis la création du groupe, on constate un peu de lueurs au bout du tunnel infernal.

Kannon tire son concept d’une théorie bouddhiste,  plus précisément du Bodhisattva « qui entend les cris du monde ».  Loin d’être un album à saveur religieuse, les gars ont simplement pigé dans des théories orientales pour trouver leur inspiration. Un mariage qui à première vu semble étrange, mais qui prend tout son sens lorsqu’on analyse l’album. Au niveau du concept même de Kannon, le groupe a demandé à la théoricienne féministe Aliza Shvartz d’écrire un texte à l’intérieure de la pochette en rapport aux thèmes de l’album ainsi que des idées générales que Sunn transmet et propulse à travers sa musique. Au niveau visuel, c’est l’artiste Suisse Angela Lafont qui a été mandaté pour créer la sculpture qui se retrouve sur la pochette. Kannon est donc une entité en soi, un tout qu’on se doit de dévorer pour comprendre l’ensemble de la complexité et de la beauté d’un album du genre.

PS: Je voudrais m’excuser à  ma copine et mon voisinage d’avoir «blasté» l’album à profusion sur ma platine lors des dernières semaines. 

Godspeed You ! Black Emperor – Asunder,Sweet and Other Distress 

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Godspeed You ! Back Emperor semble se plaire (et moi aussi d’ailleurs) à une nouvelle formule qu’on retrouve sur les deux derniers albums : deux «longues» chansons et deux titres drone qui servent de plats d’accompagnements. Sur la première pièce Peasantry Or ‘Light! Inside Of Light!’, les montréalais entrent dans le vif du sujet sans détour. Une continuité de ‘Allelujah! Don’t Bend! Ascend!, où GY!BE aborde ses chansons avec férocité et dévotion. Mais c’est surtout la lente et tant délicieuse montée de Asunder, Sweet  qui se poursuit dans un des titres les plus intenses et jouissif de Godspeed à ce jour, Piss Crowns Are Trebled, que l’album prend du galon. Ils prouvent encore une fois qu’il est possible de nous faire vivre une gamme d’émotion  sans jamais dire un mot…

Ceremony – The L-Shaped Man

Ceremony – The L-Shaped Man

La beauté avec Ceremony, c’est qu’on ne sait absolument ce que le groupe nous réserve lorsqu’ils présentent un nouvel album. On s’attendait à quelque chose de différent après le déstabilisant Zoo, mais probablement pas ça ! En soi, il est vrai que le groupe n’invente rien : on sent une influence post-punk/Joy Division qui à première vue est presque gênante. Cependant, lorsqu’on s’attarde aux titres avec une oreille plus attentive, les paroles deep et les mélodies accrocheuses nous charment rapidement. Un album sombre, plein de feelz qui me sert de remontant quand la vie est pas smath. Même si Ceremony n’offre rien de nouveau en soi, ils nous proposent quelque chose dont on a définitivement besoin.

Caspian – Dust And Disquiet 

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Magnifique. Intense. Poignant.

Milanku – De Fragments 

Milanku - De Fragments

Les gars de Milanku reviennent (enfin!) à la charge avec un nouvel album. Avec un nouveau guitariste qui prend définitivement sa place, le groupe continue d’impressionner. On a droit ici à un album moins long que son prédécesseur, plus dense et surtout plus brut. Un petit vent de fraîcheur qui prouve encore une fois que les gars sont encore et toujours nécessaires à notre scène musicale.

Locrian – Infinite Dissolution 

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L’expérimentation à son comble. André Foisy et sa troupe nous proposent un autre album concept basé sur l’apocalypse et l’instinction de la race humaine lors d’une épopée musicale chaotique et disjonctée. Infinite Dissolution est non seulement l’album le plus concis du groupe à ce jour, mais aussi le plus accessible. Difficile à catégoriser, Locrian roule sa bosse timidement depuis maintenant 10 ans en nous proposant des mélodies qui frôlent le drone, l’industriel, l’électronique et le noise. Un des albums les plus sous-estimés de 2015.

Cloakroom– Further Out 

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On avait tous reçu une claque en pleine gueule avec leur première sortie Infinity. Même si les groupes du genre sont en surpopulation de nos jours, Cloakroom se démarque définitivement du lot. Le côté je-m’en-foutisme de la voix surplombé par la basse stridente et les mélodies accrocheuses du trio m’ont définitivement charmé. Le groupe s’est un jour défini à la blague comme étant du emo-stoner. Bien que cette définition est parsemée d’humour, elle semble aussi très appropriée..

Le groupe sera d’ailleurs en spectacle au Bar le Ritz PDB le 5 janvier prochain. 

Stephen O’Malley – Gruidés

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SOMA est un artiste intraitable. En plus d’être membre de Sunn O))), O’Malley s’implique dans un nombre incalculable de projets qui semblent plus fous les uns que les autres. Sur Gruidés, il guide un orchestre symphonique à travers ses propres mélodies. Un projet certes audacieux, mais au combien intrigant. Le résultat ? Un album mystérieux, très minimaliste, moins éprouvant psychologiquement qu’un album de Sunn, mais tout aussi percutant et transcendant.

The World Is A Beautiful Place & I Am Not Afraid To Die – Harmlessness 

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Mon guilty pleasure de l’année. Je n’avais jamais vraiment accroché sur le The World Is.., mais l’aspect candide et léger de cet album vient définitivement me chercher. Un album du dimanche matin avec des titres comme Wendover ou The Word Lisa qui se prennent aussi bien qu’un café. Selon moi, il s’agit d’un des groupes des excellents groupes du renouveau emo des dernières années, où l’originalité et l’expérimentation remporte sur le monotone et le déjà-vu.

Corridor – Le Voyage Éternel 

Corridor - Le Voyage Éternel

Sur Un Magicien En toi, Corridor arrivait de nulle part, en comblant un vide qui manquait définitivement à la scène montréalaise. Avec leur premier opus, les gars viennent prouver qu’ils sont non seulement des musiciens exceptionnels, mais que leur imagination ne semble avoir aucune limite. Il s’agit probablement de l’album le plus sous-estimé de l’année. Pourtant, Le Voyage Éternel peut te propulser très loin dans ta tête (idéalement avec un peu de LSD).

Mentions honorable

Weed – Running Back

Ghost – Meloria

Baroness – Purple

Torche – Restarter

C H R I S T – T O W E R

Dopethrone – Hochelaga

Weedeater – Goliathan

Démo, split ou EP

Drip – Demo

Cloaca – Demo

Sheer Mag – II

Ampere/Raien – Split

Deeper Well – This Has Nothing To Do With Me

 

Les meilleures bières : 

Les Quatres Surfeurs De L’Apocalypso – Trou Du Diable (DUH)

Kissmeyer : Nordic Pale Ale –  Beau’s

La Grande Noirceur : Dieu Du Ciel

Arcade 17 IPA – Auval

Pale Ale Austraméricaine – Pit Caribou

Chernoe Pivo – Le Trèfle Noir

Catherine – Le Castor Brewing Co.