[CHRONIQUES] Le guide -bien garni- du Pouzza Fest 6

Pouzza Fest 6

Comme quoi le temps passe très vite quand on a du fun, je viens de réaliser qu’il y a bientôt 6 ans déjà que le Pouzza Fest nous gâte avec une programmation éclectique de haute qualité. Je sens mes cheveux blanchir juste en pensant qu’il y a 6 ans le festival montréalais nous offrait des grosses pointures comme Zero Boys, Two Cow Garage et Bad Astronaut en plus de servir de point culminant pour l’inespérée tournée québécoise de Dear Landlord et Maladroit. Après 5 éditions aux dimensions et méthodes variables, mais toutes couronnées de succès et remplies d’excellente musique, qu’est-ce qu’un festival local peut encore offrir à Montréal? C’est avec un grand plaisir que j’ai parcouru l’horaire de la sixième année pour planifier mon weekend du 20-21-22 Mai et vous offrir quelques recommandations tant au niveau des découvertes que des valeurs sûres.

Au plaisir de vous y croiser et de partager sing-alongs et veggie dogs.

VENDREDI 20 MAI

Mansbridge et Jesse Lebourdais (TRH Bar)
Une flèche au cœur et un coup de pied au cul pour bien démarrer le weekend. Mansbridge est un nouveau groupe par son nom, mais une troupe de vétérans avant tout, qui offre un punk rock solide et rassembleur soutenu par un athlétique drummer tout droit venu de l’Europe de l’Est. Leur complice Jesse Lebourdais, pour sa part, est un troubadour hyper-sympathique originaire de la Colombie-Britannique qui passe une grande partie de son temps en tournée, habituellement en formule acoustique. Cette fois il présentera ses chansons en mode trio et je recommande à tous de tendre l’oreille. Sérieusement, ce gars-là n’a rien à envier aux Fallon, Hause et Ragan qui sont si chers à la scène punk grisonnante.

Colour Wheel (Katacombes)
Un nouveau groupe montréalais qui en a surpris plus d’un cette année avec un succulent album. Colour Wheel me fait penser à mon époque préférée de la musique, avec des influences assez évidentes comme Teenage Fanclub, Sonic Youth et – sans trop vouloir m’avancer –  Weezer. Une performance que j’attends avec impatience. En plus, le formidable groupe de Juneau-core One Flight Down suivra peu après avec une rare prestation en sol montréalais, flanqué d’une avalanche de groupes pro-feelings qui se terminera avec la performance de Lemuria, telle la proverbiale cerise sur ce sundae emo.

Parlant d’émotions, le Piranha Bar en servira toute la gamme ce soir-là, notamment avec Scare (total Mi Amore worship), Trophy Lungs (un genre de Jawbreaker en très jeune) et Oh My Snare! (un feu roulant de prouesses techniques et relationnelles).

Bucky Harris et Sketchy (Théâtre Ste-Catherine)
Deux groupes qui ont tout le charme et la fougue de la jeunesse, en plus de la motivation nécessaire pour aller très loin. Tout ce qu’il manque à Bucky Harris c’est la reconnaissance de leur scène locale. Sérieusement, ils sonnent comme Against Me en plus souriant. Que voulez-vous de plus? Sketchy sont une bande nerds super attachants de Brooklyn, avec qui vous voudrez très vite devenir amis. Ils font un genre de pop-punk vaguement négatif à la Menzingers / Lawrence Arms, mais vous pouvez aussi leur parler de ska et les écouter tripper.

The Raging Nathans et The Slow Death (Théâtre Ste-Catherine)
Ce que je recherche toujours au Pouzza Fest, tout comme au Fest d’ailleurs, c’est quelques sets de pop-punk old school bien midwestern. Cette année ces moments-rencontre entre vieux seront assurées par les Raging Nathans, fer de lance de Rad Girlfriend Records et un incontournable pour les amateurs des Ramones, Screeching Weasel et autres génies de la simplicité. Ils arrivent en ville avec nul autre que The Slow Death, qui serviront leur vibe dépressive à la manière de Nothington, Off With Their Heads, mais aussi un peu Yesterday’s Ring.

SAMEDI 21 MAI

Wolf Face (Parterre du Quartier des Spectacles a.k.a. Le Jardin des Bières)
Tous les membres de Wolf Face sont déguisés en Michael J Fox dans le film Teen Wolf. Complètement fou. Ah oui, ils jouent du punk rock aussi!

Dirty Kills et Loss Aversion (Piranha Bar)
Je ne vous en voudrai pas si vous choisissez d’encourager Lost Love ou Pluum qui jouent en même temps, mais les punks plus old school (ou plus sales) voudront sans doute découvrir Dirty Kills, de Moncton, qui offrent des textes introspectifs sur des influences musicales tout droit sorties de Gilman Street en 1989. Loss Aversion, d’Oshawa, ont clairement un penchant plus hardcore à la 7 Seconds, Minor Threat, etc. Bien étudié et bien exécuté.

Dead To Me (Parterre du Quartier des Spectacles a.k.a. Le Jardin des Bières)
Réjouissez-vous de la chance que vous avez, Montréal! Dead To Me ne tourne plus souvent et peu de groupes savent allier si savamment le punk engagé avec des influences à la fois reggae et grunge. Good times will be had by all.

Dead To Me

Break Anchor et Red Arms (TRH Bar)
Detroit et London nous envoient des émissaires que vous voudrez écouter attentivement. Break Anchor est un groupe pop-punk mettant en vedette nul autre que Jay Navarro des Suicide Machines et s’inspirant, selon ses dires, de Crimpshrine, Operation Ivy et Green Day. Si cela ne suffit pas à vous convaincre, sachez qu’au final le son du quatuor rappelle les Bouncing Souls au sommet de leur forme!  En ce qui concerne Red Arms, il s’agit de quatre vieux rockeurs ontariens qui ont manifestement fait leurs classes à l’école d’Hüsker Dü. Un superbe rock alternatif qui aurait fait fureur entre 1987 et 1997.

Night Birds et The Suicide Machines (Foufounes Électriques)
Voilà un match made in heaven qui risque d’être le show le plus énergique du Pouzza Fest 6. Les Night Birds n’ont plus besoin de présentation, surtout auprès des fans des grands classiques du hardcore américain. Le band à voir pour se défouler sans forcément se crever les tympans. Quant aux Suicide Machines, ils attaquent sur tous les fronts, du hardcore au ska en passant par le pop-punk, avec une efficacité rarement égalée et une énergie implacable. Le tout sera évidemment couronné par une rarissime prestation des légendaires Sainte-Catherines, à qui on doit le festival lui-même ainsi qu’une panoplie de coupes de cheveux plus ignobles les unes que les autres.

City Mouse et Dead Weights (Piranha Bar)
Comme à chaque année, le party du samedi soir se poursuivra tard dans la nuit en bonne compagnie, et je crois que City Mouse sauront charmer les amateurs de pop-punk de toutes les générations. Ensuite, quand (presque) tout le monde aura trop bu, on dansera le traditionnel « group hug » sous la tutelle de nos amis Dead Weights d’Ottawa. Bien du plaisir et de la flanelle en perspective. Les plus réveillés pourront finalement enfourcher leur vélo et pédaler jusqu’au Théâtre Ste-Catherine pour attraper quelques chansons des Copyrights!

DIMANCHE 22 MAI

Le déjeuner / le hangover (partout)
Que tu aimes ton réveil acoustique, sportif, brutal ou bambino, tu as intérêt à te lever tôt (disons en après-midi) pour profiter des multiples activités du dimanche au Pouzza Fest. Sans vouloir choisir pour les autres, voici un résumé des options :

  1. Dormir le plus tard possible (mais pourquoi?).
  2. Prendre part à une très réparatrice séance de Yoga en plein air, animée par les superstars du yoga punk.
  3. Être parent et amener ta marmaille au Pouzza Bambino pour de la musique et des jeux rigolos.
  4. Te vider les poches au marché aux puces punk des Foufs. Je recommande chaudement le kioske de Rad Girlfriend Records, mais c’est pas le choix qui manque. Par la même occasion, attraper quelques hot dogs et écouter les sets acoustiques de Condition Oakland et A Guilhem Scream dans la stupeur ambiante et l’air frais du matin.
  5. Rire au Théâtre Ste-Cath, gracieuseté d’une brochette d’humoristes de la relève.
  6. Mourir dans le pit au brunch hardcore des Katacombes. Sérieusement un lineup d’enfer pour le dernier show de Merauder en sol canadien. Pour ma part, je ne suis pas assez hardcore pour recevoir du monde sur la tête avant 18h (ne le dites pas à mes nouveaux bandmates!!!)

Boids et Flatfoot 56 (Parterre du Quartier des Spectacles a.k.a. Le Jardin des Bières)
Au coucher du soleil et avant de s’enfermer dans l’une ou l’autre des salles du Pouzza, pourquoi ne pas se dégourdir en plein air avec des groupes qui donnent envie de courir et de sauter partout? Les hyperactifs montréalais Boids sauront raviver l’enthousiasme qui nous a tous fait tomber en amour avec le punk rock dans notre jeunesse. Suivront les costauds Flatfoot 56 de Chicago, qui offrent une performance mémorable et des plus entrainantes qui n’a rien à envier à leurs compatriotes tels que The Briggs ou Street Dogs.

School Damage et Blurry Eyes (Théâtre Ste-Catherine)
C’est vers 21h que la prise de decisions se corse, avec de déchirants conflits d’horaire comme Wasted Potential vs Junior Battles. Heureusement, une telle situation garantit qu’il y aura de la place et du plaisir pour tout le monde, peu importe la salle où vous choisirez de passer la soirée. Le Théâtre Ste-Cath sera l’hôte d’une très belle programmation locale. D’abord, je recommande fortement à quiconque apprécie les chansons qui commencent par 1-2-3-4 de ne pas manquer School Damage de Toronto. Le trio sera suivi par un nouveau supergroupe montréalais nommé Blurry Eyes. Imaginez : 2 membres des Ste-Cath (et Rollerstarter) qui s’allient à 2 membres de PL Mafia pour jouer du rock sentimental influencé par Beach Slang. Les attentes sont hautes!

Jabber, The Murderburgers et The Creeps (Katacombes)
La soirée pop-punk par excellence dans cette sixième édition du Pouzza Fest. Sachez que vous avez beaucoup de chance de pouvoir assister à un concert de Jabber, mainteant que le groupe est dispersé des deux côtés des USA. Le girl power sera à l’honneur pour le plaisir de tous et toutes. Ensuite, à moins que vous ne choisissiez de pédaler très vite pour entendre les hyper-cool Talk Show Host au Piranha Bar, vous pourriez très bien passer le reste de la soirée aux Katacombes et voir l’incarnation nord-américaine des Murderburgers. Un cocktail classique d’autodérision et de pop vitaminée, pour tous les losers à lunettes qui se reconnaissent dans les chansons de House Boat et Chinese Telephones. Pour finir la soirée en beauté – peu importe votre taux d’alcoolémie – l’attachant trio ottavien The Creeps enchainera hit après hit sous le couvert de la noirceur, avant de laisser la place au bavard Brendan Kelly des Lawrence Arms.

Voilà un alignement digne des meilleurs festivals du genre. Montréal peut en être fière!

La Querelle et Deeper Well (Théâtre Ste-Catherine)
De retour au Théâtre. Si vous savez apprécier le penchant indie, voire post-rock du genre emo (ou si vous recherchez simplement le calme après avoir vu une dizaine de groupes jouer trop fort et trop vite), je ne saurais assez recommander La Querelle. Ces gentilhommes poursuivent la promotion de leur dernier album « Home, A Beautiful Place To Get Lost » et plairont à vos oreilles à cette heure où la fatigue a tendance à prendre le dessus. Par la suite, pour offrir la parfaite transition vers le set de Drug Church, les beaux gosses de Deeper Well remettront la distorsion à on et laisseront libre cours à leurs influences autant pop-punk que post-hardcore. Qui sait, nous auront peut-être encore droit à un cover de Cher.

Fiou. Je suis déjà essoufflé juste à penser à tout ça. Je souhaite un excellent Pouzza Fest à tout le monde, et n’oubliez pas de suivre les pages facebook du festival et de Vakarme pour être informés d’éventuels shows secrets!

Frank